Calcul de rendement d'un investissement immobilier

Rendement locatif à Dijon : à quoi s'attendre, quartier par quartier

Le rendement locatif est le premier chiffre que l’on regarde quand on envisage d’investir dans l’immobilier. À Dijon, l’écart entre le quartier le plus rentable et le plus modeste dépasse 2,5 points de rendement brut, ce qui, sur un investissement de 100 000 euros, représente une différence de loyers annuels de plus de 2 000 euros. Mais lire ce chiffre sans le contextualiser mène souvent à de mauvaises décisions. Ce guide fait le point sur ce que disent réellement les chiffres, quartier par quartier, et sur ce qu’ils ne disent pas. Pour une vue d’ensemble du marché dijonnais, vous pouvez consulter notre guide de l’investissement locatif à Dijon.

Ce qu’on appelle « rendement brut »

Le rendement locatif brut est le rapport entre les loyers annuels perçus et le prix d’achat du bien. La formule est simple :

Rendement brut = (loyer mensuel × 12) / prix d’achat × 100

Par exemple, un appartement acheté 100 000 euros qui rapporte 500 euros de loyer mensuel génère un rendement brut de 6 % (500 × 12 / 100 000 × 100). Ce chiffre ne tient compte d’aucune charge : pas de taxe foncière, pas de charges de copropriété, pas de frais de gestion, pas de vacance locative, pas de travaux. C’est un indicateur de comparaison rapide entre quartiers ou entre villes, pas une rentabilité réelle.

Le rendement brut dépend de deux paramètres que le marché local détermine : le prix au mètre carré à l’achat, et le loyer au mètre carré pratiqué. Ces deux paramètres évoluent rarement de façon symétrique : les prix peuvent monter sans que les loyers suivent (ce qui comprime le rendement), et inversement dans les quartiers en rénovation, les prix bas peuvent coexister avec des loyers relativement soutenus grâce à la tension sur l’offre.

À Dijon, le prix médian des appartements s’établissait à 2 737 euros par mètre carré en décembre 2025 (FNAIM BFC), et le loyer médian toutes surfaces confondues ressortait à 13 euros par mètre carré (LocService.fr, février 2025). Ces deux valeurs combinées produisent un rendement brut théorique d’environ 5,7 % à l’échelle de la ville. Mais cette moyenne cache des situations très différentes selon les secteurs.

Les rendements par quartier à Dijon

Les fiches de ce site couvrent six quartiers dijonnais dont les rendements bruts estimés, calculés sur la base des prix et loyers de référence 2025, s’échelonnent de 4,7 % à 7,3 %.

Victor Hugo : 4,7 % brut. C’est le rendement le plus bas du panel. Le secteur haussmannien autour de l’avenue Victor Hugo affiche des prix d’achat élevés (environ 3 300 euros par mètre carré en données 2025, L’Apporteur d’Immo) pour des loyers qui restent dans la moyenne dijonnaise, autour de 13 euros par mètre carré. Un appartement de 60 mètres carrés acheté 198 000 euros et loué 780 euros par mois génère précisément 4,7 % brut (780 × 12 / 198 000 × 100). Ce chiffre modeste s’explique par la prime de qualité et de liquidité propre à ce secteur résidentiel très prisé des cadres.

République : 5,2 % brut. Le secteur autour de la place de la République se situe légèrement au-dessus de Victor Hugo. Prix de référence : 3 100 euros par mètre carré ; loyer de référence : 13,5 euros par mètre carré (Revue Foncière, novembre 2025 ; Hagnère Investissement, octobre 2025). La desserte par les deux lignes de tramway T1 et T2, directement à l’arrêt République, soutient la demande locative et réduit la vacance à moins de 3 % sur le centre dijonnais.

Centre-ville : 5,3 % brut. L’hypercentre et le secteur sauvegardé affichent un rendement légèrement supérieur à République, avec un loyer de référence de 14 euros par mètre carré pour des prix d’achat de 3 200 euros par mètre carré environ (FNAIM, LocService.fr 2025). La liquidité y est maximale (les petites surfaces se louent en quelques jours), mais les contraintes de l’Architecte des Bâtiments de France alourdissent les travaux dans les bâtiments classés.

Grésilles : 5,7 % brut. Ce quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), situé au nord-est de Dijon, affiche des prix d’achat nettement plus bas (2 100 euros par mètre carré en estimation conservatrice, MeilleursAgents, décembre 2025), mais aussi des loyers plus faibles, autour de 10 euros par mètre carré. La Revue Foncière cite des rendements potentiellement plus élevés (8 à 9,5 %) en s’appuyant sur des hypothèses de prix d’achat plus bas, ce qui illustre la sensibilité du calcul aux paramètres retenus.

Le secteur Université : 7,1 % brut. Le campus de Montmuzard, à l’est de Dijon, est le secteur le plus rentable pour les petites surfaces meublées. Le prix d’achat s’établit autour de 2 700 euros par mètre carré pour des appartements des années 1970-1980 (Hagnère Investissement, 2025), et le loyer de référence ressort à 16 euros par mètre carré pour un studio meublé correctement rénové. Ces deux paramètres combinés donnent 7,1 % brut. La demande est portée par les 28 195 étudiants de l’Université Bourgogne Europe en 2024-2025, dont seulement 23 % sont logés au CROUS (ImmoJeune, 2025), laissant le parc privé absorber les trois quarts de la demande.

Fontaine d’Ouche : 7,3 % brut. C’est le rendement brut le plus élevé du panel, porté par les prix d’achat les plus bas de la ville, à 1 800 euros par mètre carré pour un bien en état locatif correct (Revue Foncière, 2025), contre un prix moyen de 1 237 euros par mètre carré sur l’ensemble du parc tous états confondus (L’Apporteur d’Immo, DVF 2024-2025). Les loyers se situent autour de 11 euros par mètre carré, cohérents avec le profil social du quartier. Le programme ANRU de 114 millions d’euros en cours devrait améliorer le cadre bâti à moyen terme.

Pourquoi un rendement élevé n’est pas toujours un bon investissement

Les rendements les plus hauts du panel, Fontaine d’Ouche à 7,3 % et le secteur Université à 7,1 %, ne signifient pas que ces quartiers sont nécessairement les meilleurs choix pour tous les profils d’investisseurs.

Le risque QPV. Fontaine d’Ouche et les Grésilles sont classés quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ce statut signale un contexte social fragile, une part élevée de logements sociaux (plus de 50 % à Fontaine d’Ouche) et un marché de revente étroit. Un investisseur qui doit revendre rapidement peut se retrouver avec peu d’acquéreurs potentiels et une décote significative par rapport au prix d’achat.

La gestion locative. Dans les QPV, les impayés, la rotation locative et les dégradations sont statistiquement plus fréquents qu’en centre-ville. La Revue Foncière recommande de provisionner des frais de gestion de 10 à 15 % dans ces secteurs, contre 7 à 9 % dans les quartiers résidentiels établis. La souscription d’une garantie loyers impayés (GLI) ajoute encore 2 à 3 % de charges annuelles.

La saisonnalité étudiante. Dans le secteur Université, les relocations sont concentrées en juillet et août pour une entrée en septembre. Une vacance d’un à deux mois est courante si la remise en marché n’est pas anticipée. Ce phénomène n’existe pas dans les quartiers résidentiels mixtes comme Victor Hugo ou République, où la demande est répartie sur toute l’année.

La plus-value à la revente. Victor Hugo et le centre-ville offrent une liquidité élevée et une clientèle d’acquéreurs diversifiée (résidence principale, investisseur, pied-à-terre). Les secteurs QPV ou périphériques s’adressent à une clientèle d’acquéreurs beaucoup plus étroite, ce qui allonge les délais de vente et peut nécessiter une décote.

En résumé, un rendement brut élevé compense souvent un risque plus élevé ou une contrainte de gestion plus lourde. C’est une réalité de marché, pas un défaut de calcul.

Du brut au net : ce qui réduit le rendement

Le passage du rendement brut au rendement net est la deuxième lecture indispensable avant tout investissement. À Dijon, comme ailleurs, plusieurs postes de charges viennent réduire le revenu effectivement perçu.

Les charges de copropriété varient fortement selon l’immeuble et l’ancienneté du bâti. Dans les copropriétés des années 1970-1980 (secteur Université, Grésilles, Fontaine d’Ouche), elles peuvent représenter 15 à 25 euros par mètre carré par an, soit plusieurs centaines d’euros sur un studio de 25 mètres carrés. Dans un immeuble haussmannien bien entretenu (Victor Hugo, République), elles sont souvent plus maîtrisées mais jamais nulles.

La taxe foncière est à la charge du propriétaire bailleur. À Dijon, elle représente en général l’équivalent d’un mois à un mois et demi de loyer annuel, selon la surface et le secteur. Pour un studio loué 450 euros, comptez 400 à 600 euros de taxe foncière annuelle.

Les frais de gestion locative s’élèvent à 7 à 9 % des loyers encaissés pour une gestion complète confiée à une agence dijonnaise (données pilier, page investissement locatif Dijon). Pour les secteurs QPV, une fourchette de 10 à 15 % est plus réaliste compte tenu de la gestion plus intensive.

La vacance locative doit être provisionnée même dans les secteurs tendus. Une estimation prudente de un à deux mois par an réduit le revenu brut de 8 à 17 %. En pratique, sur les petites surfaces bien placées du centre ou du secteur Université, la vacance effective est souvent inférieure à un mois par an.

Les travaux de rénovation énergétique représentent une charge croissante pour les biens classés D, E ou F. La loi Climat interdit progressivement la location des passoires thermiques : les logements classés F ne pourront plus faire l’objet d’un nouveau bail à partir du 1er janvier 2028. Dans les copropriétés des années 1960-1980, un budget de 15 000 à 40 000 euros est fréquemment nécessaire pour passer de F à D ou E.

En intégrant ces postes, le passage de brut à net représente en général 2 à 3 points de rendement selon le pilier. Un bien à 7 % brut peut donc délivrer 4 à 5 % net selon la situation. Un bien à 5 % brut peut descendre à 3 % net si les charges sont élevées.

Quel est le meilleur rendement locatif à Dijon ?

Le rendement brut le plus élevé du panel est celui de Fontaine d’Ouche, à 7,3 %, suivi du secteur Université à 7,1 %. Ces chiffres sont calculés sur la base des prix et loyers de référence 2025 (Revue Foncière, L’Apporteur d’Immo, LocService.fr). Ils constituent un point de repère utile pour comparer les secteurs entre eux, mais pas une garantie de performance réelle. La meilleure réponse dépend du profil de l’investisseur : pour un rendement courant maximal avec un horizon de 10 ans minimum et une tolérance au risque QPV, Fontaine d’Ouche ou le secteur Université se justifient ; pour une logique patrimoniale avec revente facilitée, Centre-ville ou République offrent une meilleure combinaison de revenus et de liquidité.

Faut-il viser le rendement le plus élevé ?

Non, pas systématiquement. Un rendement brut élevé reflète souvent un risque plus important : quartier QPV, profil locataire précaire, revente difficile, frais de gestion majorés. À Dijon, l’écart entre 4,7 % (Victor Hugo) et 7,3 % (Fontaine d’Ouche) cache une différence de profil de risque significative. Un investisseur qui valorise la stabilité des loyers, la facilité de relocation et la liquidité à la revente aura intérêt à accepter un rendement brut plus modéré en contrepartie d’une gestion plus sereine. Le rendement optimal est celui qui correspond à votre tolérance au risque, à votre horizon de détention et à votre capacité de gestion, pas nécessairement le plus élevé du marché.

Quartiers concernés

Sources : LocService.fr, marché locatif Dijon 2025 , FNAIM Bourgogne-Franche-Comté, prix médian Dijon décembre 2025 .

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