≈ 3 200 €
prix moyen au m²
5 à 7 %
rendement brut
30 000
étudiants
11
quartiers analysés

Le marché dijonnais

Le prix médian à Dijon toutes localisations s'établissait à 2 737 €/m² en décembre 2025 (FNAIM BFC déc. 2025), après une correction d'environ 6 % entre 2022 et 2025. Ce chiffre global masque des écarts importants : l'hypercentre et le secteur sauvegardé (place de la République, rue de la Liberté, secteur des Antiquaires) se traitent entre 3 000 et 3 400 €/m² pour de l'ancien en bon état, avec des pointes à 3 500-3 800 €/m² pour des biens rénovés en étage élevé (Reassurez-moi jan. 2026). À l'opposé, les quartiers prioritaires (QPV) de Grésilles et Fontaine d'Ouche descendent respectivement à 2 100 €/m² et 1 800 €/m² en estimation conservatrice (MeilleursAgents déc. 2025, L'Apporteur d'Immo juin 2026).

Les loyers suivent une logique similaire. La médiane dijonnaise toutes surfaces ressort à 13 €/m² (LocService.fr fév. 2025), tirée vers le bas par les grandes surfaces. En pratique : les studios meublés de centre-ville atteignent 15 à 18 €/m², le secteur Université affiche 13 à 24 €/m² selon l'état et la proximité du campus, quand les QPV plafonnent à 10-11 €/m² du fait de la concurrence du parc social. Le loyer médian de 13 €/m² est une référence de cadrage, pas un plafond universel.

La correction de 2022-2025 a amélioré les points d'entrée sans décrocher la demande locative, structurellement portée par les 30 000 étudiants du pôle dijonnais et par la connexion TGV (Paris en 1h38, Lyon en 1h45). Le réseau de tramway Divia (T1 est-ouest, T2 nord-sud) dessert les principaux secteurs locatifs et réduit la vacance sur les biens bien positionnés.

Les rendements selon les secteurs

À titre indicatif, les rendements bruts observés dans les 8 quartiers analysés se répartissent en trois groupes.

Rendements modérés (4,7 à 5,3 %) : Centre-ville, République, Victor Hugo, Montchapet, Drapeau Junot. Ces secteurs affichent des prix élevés (3 100 à 3 300 €/m²) et une vacance quasi nulle, mais les loyers ne suivent pas proportionnellement. Le Centre-ville génère environ 5,3 % brut sur de l'ancien (14 €/m² x 12 / 3 200 €/m²), République environ 5,2 %. Victor Hugo plafonne à 4,7 % brut (3 300 €/m² d'achat, 13 €/m² de loyer) et Montchapet atteint 5,0 % (3 150 €/m² d'achat, 13 €/m² de loyer), avec un taux d'occupation supérieur à 95 % (investirdanslancien.fr 2025) et un potentiel de colocation sur T4-T5 améliorant le rendement de 20 à 30 %. Ces quartiers conviennent à une logique de revenus stables et de conservation patrimoniale : la demande de cadres en mobilité, de professions libérales et de familles garantit une rotation lente et des impayés statistiquement faibles. La plus-value à la revente reste incertaine à court terme.

Rendements élevés (5,7 à 7,3 %) : Université, Grésilles, Fontaine d'Ouche. Le secteur Université (2 700 €/m², studio meublé 16 €/m²) affiche 7,1 % brut sur la base retenue, avec un potentiel de 7 à 8 % pour un studio très bien rénové (Hagnère Investissement 2025). Drapeau Junot, classé avec les rendements modérés, atteint 5,0 % (3 100 €/m², 13 €/m²) sur des biens récents ou réhabilités proches de la gare. Grésilles affiche 5,7 % brut (2 100 €/m², 10 €/m² loyer QPV) sur la base retenue ici, la Revue Foncière cite des rendements plus élevés (8-9,5 %) en s'appuyant sur des hypothèses de prix plus bas, ce qui illustre la sensibilité du calcul aux hypothèses d'entrée. Le profil locataire (ménages modestes, QPV) impose une gestion renforcée, une garantie loyers impayés (GLI ou Visale) et un horizon de détention supérieur à 7-10 ans. Fontaine d'Ouche présente un profil similaire : 7,3 % brut (1 800 €/m², 11 €/m²), revente difficile et parc social prépondérant (plus de 50 % de logements HLM).

Ces chiffres sont bruts, avant déduction des charges de copropriété, de la taxe foncière, des frais de gestion locative (6 à 10 % des loyers), des provisions pour travaux et de la fiscalité. Le passage de brut à net peut représenter 2 à 3 points de rendement selon les cas.

Choisir son quartier

Le bon quartier dépend du profil locataire ciblé et de la tolérance au risque de l'investisseur. Quelques grandes logiques.

Logique étudiante : le secteur Université (campus Montmuzard, 28 195 étudiants UBE en 2024-2025, source Université Bourgogne Europe) est le choix naturel. La demande de studios meublés est structurelle, le CROUS ne couvre que 23 % des besoins (ImmoJeune 2025). Le tram T1 (arrêts Erasme et Université) relie le campus au centre en 12 minutes. Points de vigilance : parc bâti des années 1960-1980 avec des DPE souvent D à F, saisonnalité des relocations concentrée en juillet-août, plus-value à la revente limitée.

Logique résidentielle et patrimoniale : Centre-ville, République et Victor Hugo visent les cadres en mobilité, les jeunes actifs et les familles. Vacance inférieure à 3 % en centre dijonnais (Revue Foncière nov. 2025), délais de relocation inférieurs à 15 jours. La contrainte ABF (secteur sauvegardé) dans le coeur historique alourdit les travaux mais garantit la qualité architecturale. Montchapet offre le même profil résidentiel sans tram, avec un accès en bus.

Logique rendement avec gestion active : Grésilles et Fontaine d'Ouche s'adressent à des investisseurs patients, capables de sélectionner rigoureusement les locataires, de sécuriser les loyers par une garantie (GLI, Visale) et de gérer directement ou via un administrateur de biens expérimenté sur ces secteurs. Les programmes ANRU en cours (120 M€ à Grésilles, 114 M€ à Fontaine d'Ouche) constituent un signal de transformation à moyen terme, sans garantie calendaire.

Les 8 fiches quartiers de ce site détaillent pour chacun les prix au m², le loyer médian, le rendement estimé, le profil de locataire dominant, les transports et les points de vigilance spécifiques.

La fiscalité

Le choix du régime fiscal est structurant et dépend du bien, du profil de l'investisseur et de l'horizon de détention. Voici les grandes options applicables au marché dijonnais, à titre informatif. Une situation personnelle nécessite l'avis d'un conseiller fiscal.

LMNP meublé (régime réel) : particulièrement adapté aux studios et T1-T2 en secteur étudiant ou en centre-ville loués meublés. Au régime réel, les charges (intérêts d'emprunt, taxe foncière, frais de gestion, assurances) et les amortissements du bien, des travaux et du mobilier sont déduits des recettes locatives (catégorie BIC). L'assiette imposable est souvent réduite à zéro sur les premières années, ce qui neutralise la fiscalité courante. Ce statut nécessite une comptabilité annuelle (expert-comptable). À la revente, la plus-value est calculée sur le prix d'achat non diminué des amortissements, ce qui peut générer un impôt significatif si le bien a fortement valorisé.

Déficit foncier (location nue, régime réel) : adapté aux biens anciens à rénover loués non meublés. Les charges et travaux (hors gros oeuvre) dépassant les loyers créent un déficit foncier imputable sur le revenu global, dans la limite de 10 700 euros par an (plafond porté à 21 400 euros pour les travaux de rénovation énergétique sous conditions, depuis 2023). Le surplus de déficit est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Cette stratégie est cohérente sur des biens F ou G à rénover pour atteindre au minimum la classe D, compte tenu des interdictions de location progressives (G dès 2025, F dès 2028).

Micro-BIC ou micro-foncier : pour les investisseurs débutants ou les faibles montants de loyers, les régimes micro offrent un abattement forfaitaire (50 % en micro-BIC meublé, 30 % en micro-foncier nu) sans justification de charges. Ils ne sont pertinents que si les charges réelles sont inférieures à l'abattement, ce qui est rarement le cas pour un bien financé à crédit.

Loc'Avantages : dispositif permettant une réduction d'impôt (15 à 35 %) en échange d'un loyer plafonné et d'un locataire sous conditions de ressources. Applicable à Dijon si le bien est loué nu à des locataires éligibles. L'avantage fiscal se justifie sur des biens situés en zone tendue avec une demande solvable sous plafond de ressources, ce qui correspond à certains secteurs dijonnais.

Le financement et le process

Apport et crédit : les banques exigent généralement un apport couvrant au minimum les frais de notaire (7 à 8 % du prix dans l'ancien, soit 5 600 à 8 000 euros pour un studio à 100 000 euros) et les frais de dossier. Un apport plus substantiel (10 à 20 % du prix) améliore le taux obtenu et réduit la mensualité. Pour un studio étudiant dans le secteur Université à 65 000 euros net vendeur, le budget global avec frais de notaire, ameublement et petits travaux tourne autour de 80 000 à 90 000 euros. La capacité de financement doit intégrer une hypothèse de vacance locative (1 à 2 mois par an en estimation prudente).

Gestion locative : la gestion en direct (recherche de locataires, états des lieux, encaissement, gestion des sinistres) économise 6 à 10 % du loyer annuel mais suppose du temps et une connaissance du droit locatif. Une agence de gestion locative sur Dijon facture généralement 7 à 9 % TTC des loyers pour une gestion complète. Pour les secteurs Grésilles et Fontaine d'Ouche, un administrateur de biens expérimenté sur ces quartiers est fortement recommandé.

DPE et passoires thermiques : le calendrier de la loi Climat et Résilience est impératif. Les logements classés G ne peuvent plus faire l'objet d'un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025. Les logements F seront interdits à la location dès le 1er janvier 2028. Les copropriétés des années 1960-1980 (secteur Université, Grésilles, Fontaine d'Ouche) comptent de nombreux biens classés D à F. Avant tout achat dans l'ancien, vérifier le DPE et chiffrer les travaux de rénovation énergétique (isolation des combles, remplacement des menuiseries, ventilation). Des aides existent : MaPrimeRénov', éco-PTZ, CEE, et dans les QPV des subventions ANRU spécifiques.

Les étapes du process : définir le budget global et le profil de bien, visiter et faire un diagnostic DPE contradictoire si le bilan parait limite, négocier en intégrant le coût des travaux éventuels, signer un compromis avec conditions suspensives (financement, diagnostics), obtenir le crédit (45 à 60 jours en moyenne), signer l'acte authentique chez le notaire. Pour un meublé LMNP : faire établir un bilan prévisionnel par un expert-comptable avant la signature du compromis.

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